Nous quittons Santander sans visiter le cœur de ville, ce sera pour une autre fois. La météo de jeudi s’annonce plus que maussade et nous décidons d’avancer notre montée aux lacs de Covadonga, prévue jeudi matin, de crainte de n’y voir goutte dans les nuages bas ou, pire, de prendre la saucée.
Matinée consacrée au trajet jusqu’à Ribadesella, mais en pratiquant le cabotage le long de la côte. Suances, que nous avions snobée la veille, nous paraît beaucoup plus coquette et agréable que Comillas.

Une série de « oh ! ah ! » ensuite : la plage de Santa Justa et sa chapelle troglodytique, Puerto Calderón et son environnement paradisiaque, la ría de Tina Mayor…







… une petite erreur de navigation, jointe à une route barrée proche d’Arenas de Cabrales, nous envoie dans un détour inattendu et plein de virages, mais nous arrivons à temps pour un déjeuner sans rien de particulier (sinon la qualité du bar grillé) à Ribadesella.
Direction la montagne, maintenant. Nous convenons d’aller aux lacs sans attendre, car les nuages s’amoncellent sur les pics d’Europe. On posera les valises ensuite. On passe devant le grand barnum catho-nationaliste de Covadonga, sa bataille semi-légendaire, sa grotte sacrée, son architecture moche, ses boutiques de bondieuseries made in China etc. et on file, à travers 12 km de route en lacets assez vertigineuse, vers le lac de la Ercina en premier, car il est le plus haut, donc le plus exposé au mauvais temps (et aussi le plus beau, selon moi). Nous faisons bien : la brume arrive. L’eau est à la même température que l’air : frisquette, et claire à n’en plus pouvoir. Un troupeau de promeneurs en famille fracasse la sérénité du lieu, mais finit par repartir. Des quantités de fleurs bleu foncé émaillent la prairie, les gentianes bleues sont encore en boutons, les pissenlits sont nains à cause du froid et de l’altitude. Faute de temps pour une randonnée entre les deux lacs, nous faisons un bout de balade, puis redescendons au lac Enol.





Il est temps de rejoindre le gîte que nous avons réservé, dans un tout petit village près de Cangas de Onís, accroché à une pente rocheuse escarpée. Aïe : pas un seul panneau n’indique l’emplacement. Nous tournons un peu, il n’y a pas un chat dans le village, avisons un monsieur qui passe et qui nous dit « Ah, ça doit être les gens de la maison là-haut ». Là-haut, c’est au sommet d’un escalier plus que raide qui serpente à travers un tout petit bout de jardin de rocaille superbement entretenu. Tout en haut de l’escalier, j’avise un monsieur âgé assis sur le pas de sa porte. Je lui demande mon chemin, il m’indique que c’est la première maison à droite, tout en pierre. Et il ajoute : « Je suis tombé, je n’arrive pas à me relever ». Je traduis à Florence ; nous finissons de monter l’escalier qui mène à sa maison, nous le relevons et, sur ses indications, l’amenons jusqu’à son lit vaguement médicalisé, installé dans ce qui devait être la salle à manger. Il ne tient pas sur ses jambes, son pantalon a glissé, le pauvre est en mauvaise posture et s’excuse de ne pas pouvoir nous offrir un verre ! Nous lui demandons s’il a une infirmière qui vient le voir : non, mais des personnes de sa famille qui viennent l’aider. Nous prenons congé, pas tranquilles.
La première maison à droite, tout en pierre, est aussi totalement en ruine. J’appelle la propriétaire : « Mais je vous ai laissé les indications sur Whatsapp ! » Oui, mais je n’ai pas encore installé la messagerie sur mon phone flambant neuf. Je m’excuse, elle nous indique la bonne maison, un peu plus bas, comment accéder aux clés. Avant de raccrocher, je lui dis que nous nous faisons du souci pour le voisin qui n’a pas l’air d’aller bien. Elle voit de qui je parle et m’assure qu’elle va prévenir quelqu’un de sa famille.
Le gîte est superbe, petit mais très bien agencé, on aurait envie d’en profiter plus longtemps (il faudra donc revenir). Nous redescendons à Cangas pour visiter et manger un morceau dans une chouette cidrerie aux murs incrustés de bouchons dédicacés, avec une verseuse à cidre électrique. Tout fout le camp, j’vous jure.



















































































